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Les styles de départ des prédécesseurs : vous reconnaissez-vous ?
Par l’accompagnement que j’ai le privilège de faire auprès des jeunes de la relève, mais aussi de leurs prédécesseurs, il m’a été permis de constater que ces derniers ont chacun leur propre style en termes de préparation de leur relève et de la façon de tirer leur révérence. Certains parlent très facilement de la façon dont ils assureront le transfert de leurs connaissances à leur relève identifiée, mais en pratique, c’est plus ardu que prévu! Il est question d’attachement à leur poste et à l’entreprise qu’ils ont bâtie ou reprise. Il est aussi question d’identité héroïque face à l’entreprise, de pouvoir, de statut privilégié.
Après de nombreuses interventions auprès de dirigeants en situation de départ, Jeffey Sonnenfeld, un consultant américain, a, de façon très intéressante et claire, identifié quatre grands styles de départ : le monarque, le général, l’ambassadeur et le gouverneur. Je vous en présente deux dans le cadre de la présente chronique et présenterai les deux autres de même que des pistes d’explication et de compréhension dans le cadre des chroniques subséquentes. Par ailleurs, il m’a été donné d’observer des styles différents des quatre styles de Sonnenfeld.
Il est important de noter deux choses à ce sujet : ces styles de départ ne représentent pas nécessairement le style de leadership d’un prédécesseur¹ pendant son règne. Ces styles peuvent être adoptés tant en situation de relève familiale que non-familiale.
Les deux premiers styles présentent des points en commun bien qu’ils soient différents.
Le monarque ne quitte pas son poste tant qu’il n’est pas forcé, soit par la mort ou par une révolte interne au palais! Voici quelques caractéristiques :
- Ne croit pas en l’utilité d’un plan de succession
- Porte sa couronne jusqu’à ce qu’un conseil d’administration ou un comité de gestion le chasse
- A une identité héroïque et une mission héroïque qui ne se termine jamais
- Il n’a pas nécessairement fondé ou créé l’organisation où il règne, mais peut l’avoir remodelée à son arrivée
- Ne se retire jamais!
Pour le monarque, ce n’est jamais le bon temps de se retirer : « Voyons, comment pourrais-je quitter alors que je chapeaute un projet si important. » En fait, c’est que dès qu’il a terminé un projet, il en débute aussitôt un autre qui l’oblige donc à rester.
Le général sera soumis à un départ forcé en raison de graves problèmes de santé ou de son âge avancé ou parce qu’un conseil d’administration lui montre la porte. Le général part à reculons, mais en même temps, il planifie son retour triomphal pour sauver l’entreprise! Voici quelques caractéristiques :
- Partir, c’est perdre le respect et la reconnaissance, donc perdre son estime de soi
- Ressent une perte de pouvoir en quittant
- Son identité héroïque est une barrière au départ planifié
- Typiquement, va rester le pied dans la porte pour faciliter un éventuel retour
- Va mentorer le ou les successeurs sans y avoir été invité!
Il quitte de force, mais suit de très près tout ce qui se passe dans l’entreprise pour détecter l’événement, la crise ou l’incertitude qui sera l’occasion idéale pour revenir en force. Tout un fardeau, tout de même d’être indispensable! Mais le général l’assume très bien. Vous souvenez-vous d’un gestionnaire québécois très connu qui est revenu dans l’entreprise après sa retraite? Celui chez qui on trouve de tout, même un ami!
C’est un rendez-vous le mois prochain où je vous expliquerai les deux autres styles qui sont fort différents et tout aussi intéressants.
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