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Le leadership de la relève - Martine Deschamps - Coaching de la relève
 
  Des comités pour veiller au bien de mon entreprise? (suite et fin)

Nous terminons, ce mois-ci, la série de trois chroniques sur les structures de gouvernance des entreprises. Rappelons-nous que la gouvernance constitue l’ensemble des structures qui permettent un certain contrôle et une saine gestion de l’entreprise. La gouvernance, c’est la liaison entre les principaux acteurs impliqués : les actionnaires, le personnel qui dirige l’entreprise et la famille en affaires, dans le cas d’entreprises familiales.

Les structures de gouvernance

Pour nous comprendre, rappelons-nous qu’une entreprise comporte deux systèmes importants : l’entreprise en tant que telle et la propriété ou l’actionnariat. L’entreprise familiale, quant à elle, possède un troisième système : la famille. Chacun de ces systèmes doit permettre une circulation de l’information essentielle à sa réussite et à sa survie.

  1. Le système Entreprise
  2. Le système Propriété ou Actionnariat
  3. Le système Famille

Explorons aujourd’hui le principal conseil ou comité dédié aux questions du système Famille des entreprises familiales – le conseil de famille. Nous verrons que ce conseil peut avoir, à l’occasion, une version élargie.

3. Le système Famille

Il ne faut pas croire que les conseils de famille ne sont utiles qu’aux très grandes entreprises familiales. Chaque PME familiale devrait tenir régulièrement un conseil de famille. Notons immédiatement que, lors de la tenue d’un conseil de famille, il n’est nullement question de discuter ou de prendre des décisions sur des sujets liés à la gestion de l’entreprise. Ces sujets sont réservés aux comités de gestion ou au conseil d’administration.

Alors, de quoi discute-t-on dans un conseil de famille?

Tout d’abord, du bien-être des membres de la famille – qu’ils soient ou non en emploi dans l’entreprise familiale. Cet énoncé peut sembler simple et banal, mais il représente parfois un défi de taille quand, par exemple, nous avons un membre de la famille qui se destinait à occuper un poste dans l’entreprise et qui se retrouve incapable de le faire pour des raisons de santé graves ou autre. Certaines familles, pour respecter leurs valeurs, offriront de l’actionnariat à cette personne pour assurer son avenir financier. D’autres réserveront l’actionnariat aux membres de la famille qui œuvrent au sein de l’entreprise depuis 3, 4 ou 5 ans.

Il est fortement recommandé d’animer régulièrement des conseils de famille avec un ordre du jour qui ne s’adresse pas seulement aux actionnaires. En effet, le conseil de famille permet aussi d’exposer les jeunes à ce qu’est une entreprise familiale et au patrimoine qui y est rattaché. Ceci permet à la relève de se responsabiliser à un jeune âge, en vue de mériter, le moment venu, de faire partie de l’entreprise familiale. Le conseil permet aussi d’exposer tous les membres de la famille aux notions si importantes de l’équité et de l’égalité* quant à l’actionnariat et au statut dans l’entreprise.

J’ai le grand plaisir d’animer des comités de gestion, mais aussi des conseils de famille. Je me permets de partager avec vous certains points que les familles mettent à l’ordre du jour, certaines questions pertinentes qu’elles proposent à la discussion :
  • Soins appropriés pour la mère fondatrice (atteinte d’une maladie grave)
  • Impacts sur les conjointes de voyages fréquents à l’étranger de deux frères associés (dans le cadre d’un conseil de famille élargie où les conjointes ne travaillant pas dans l’entreprise familiale ont été invitées)
  • Quelles sont nos règles d’embauche des conjoints/conjointes et des cousins/cousines?
  • Quelles sont nos valeurs familiales?
  • Est-ce que nous repoussons ou attirons la relève à faire partie de notre famille en affaires?
  • Souhaitons-nous appuyer (financièrement ou autrement) les enfants qui veulent faire carrière à l’extérieur de l’entreprise?
  • Montrons-nous l’exemple sur la place publique comme famille en affaires?
  • Souhaitons-nous que notre famille soit associée à certaines causes caritatives (philanthropiques)?
  • Comme famille, sommes-nous justes et équitables?
  • Savons-nous ce qui nous unit comme famille (et non seulement ce qui nous divise?)
Pour ce qui est de la question de la fréquence de la tenue d’un tel conseil, je suggère une rencontre par année minimalement, et même plus, si la famille vit des moments ou des situations qui le nécessitent.

Le secret pour un conseil de famille efficace?

Voici mon secret pour conduire des conseils de famille efficaces : les règles de conduite de base sont importantes à respecter, entre autres : tenir une seule conversation à la fois, ne mettre personne sur le banc des accusés, privilégier les faits à la rigidité de ses prises de position et répondre aux besoins de la famille et de l’entreprise (parfois oubliée). Déterminer et suivre des règles de conduite claires : c’est encore à la mode!

Assurément, le conseil de famille permet de garder des liens familiaux forts parce que ses membres se permettent de discuter de certains sujets parfois délicats dans un cadre précis. Même si une décision peut occasionnellement défavoriser un membre de la famille, le fait d’avoir discuté du sujet en présence de tous, et non en catimini, renforce les liens; cela permet d’exprimer ce qu’on ressent quant à l’équité et l’égalité envers les membres de la famille. Le conseil de famille permet également de planifier l’avenir de l’entreprise pendant qu’il est encore temps d’estimer qui pourra prendre la relève et de préparer cette personne à cette responsabilité. Enfin, il permet d’éviter des conflits, en abordant les sujets délicats avant qu’ils ne soient trop empreints d’émotions négatives, sauvant ainsi l’entreprise de conflits plus sérieux qui pourraient être coûteux en temps, en énergie et en argent!

Il y aurait encore plusieurs choses à souligner concernant le conseil de famille – elles feront certainement l’objet d’autres chroniques. Si vous avez des questions à ce sujet, n’hésitez pas à m’écrire. En conclusion, n’oublions pas qu’une famille forte a beaucoup plus de chances de posséder une entreprise solide.

Bonne réflexion!


* Ces deux notions ont fait l’objet de 2 chroniques antérieures. Voir à ce sujet la section Consulter les chroniques en archives de la page d’accueil de www.syneraction.ca, les chroniques intitulées Le transfert d’entreprise : être juste ou être équitable?
 
 
Martine Deschamps - Coaching de la relève
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